ma vie mon temoinage

Parue dans le magazine girls mai 2007

Depuis que je suis toute petite, mes parents sont adeptes d'une secte dont le gourou vient d'Afrique et se fait appeler “l'Ancien“. Invité à une première réunion par un collègue de travail, mon père en est devenu le numéro 2 de fil en aiguille, entraînant derrière lui ma mère, moi et mes cinq frères et s½urs. Au premier abord, ce genre de secte n'éveille pas toujours les soupçons, car elle s'appuie sur la Bible. Mais ce n'est qu'un prétexte, car le texte est interprété par l'Ancien à son avantage, de telle sorte que personne n'a son mot à dire...

Bien j'aille à l'école, j'ai vécu mon enfance et mon adolescence coupée du monde. Les règles de la secte sont strictes : interdit de porter des pantalons et des jupes au-dessus du genou, de se maquiller, de se couper les cheveux ou encore d'écouter de la musique autre que des chants bibliques, car c'est soi-disant des “musiques du monde extérieur“. Pas plus de Noël, d'anniversaire ou de vacances : seul mon père partait parfois avec mon frère ainé en Afrique, dans le village de l'Ancien. Encore aujourd'hui, mon père lui donne de l'argent et lui paye nourriture, voitures, billets d'avion... Ce gourou vit comme un roi, et nous, comme des pauvres. Tout ce qui vient de l'extérieur est banni, le monde étant soi-disant “rempli de dangereux pédophiles“. La radio, la télé, les sorties (même scolaires) : je n'ai rien connu de cela. Même se faire des ami(e)s n'est pas admis : je devais selon mon père considérer mes camarades comme des “collègues de classe“ et leur parler le strict minimum. Entre nous, nous devions ajouter le mot “s½ur“ ou “frère“ devant chaque prénom. Pire : mon prénom de naissance n'étant pas biblique, j'ai été rebaptisée “S½ur Sarah“.

Au début, je n'osais pas braver les interdits, car mon père me frappait. Ma mère lui était soumise, sa seule entorse au règlement était de nous conduire chez le docteur quand nous étions malades. Mais grâce à mon fort caractère, et malgré ce lavage de cerveau, je n'ai jamais cru à cette doctrine. Dès le CM1, je remarque que les autres vivent différemment. Pourtant, je n'imagine pas me confier car à l'école, je suis isolée et aucun adulte ne me tend la main. Personne ne semble se rendre compte de l'enfer que je vis... Une fois au collège, je suis obsédée par une idée fixe : sortir de la secte. En colère, j'envie la liberté des autres. Heureusement, je me fais un groupe d'amis. Certains me demandent même pourquoi je suis toujours en jupe... Mais personne, y compris moi, ne réalise la gravité de la situation.

En dehors de l'école, j'ai le droit de sortir uniquement pour rejoindre les autres adeptes dans une salle où nous devons nous taire et écouter l'Ancien des heures. A 12 ans, s'ajoutent les “réunions de la jeunesse“ où le gourou nous parle entre autre du mariage, qui occupe une place centrale dans le système. Son but est d'organiser des mariages mixtes. Entre 10 et 13 ans, je suis “fiancée“ successivement à trois hommes vivant en Afrique. Je dois leur écrire des lettres dictées par mon père et porter une bague.

Mais les choses tournent vraiment mal l'année dernière, j'ai alors 16 ans. Cette fois, mon nouveau fiancé (le 4ème), est en France et l'Ancien décrète que j'ai l'âge pour me marier. Il autorise les relations sexuelles entre les fiançailles et le mariage. Hors de question pour moi de me laisser faire : je refuse ce mariage dans une lettre, mais mon père la détruit et me force à en refaire une favorable à cette union. Des rendez-vous entre mon futur mari et moi sont organisés. D'abord chez moi (ma mère veille), mais un jour, l'entrevue se passe chez l'Ancien et sa femme. Ils nous disent d'aller dans la chambre “ pour être plus tranquilles ” et ce mec de 25 ans que je ne connais pas commence à me sucer l'oreille et à me peloter. Rien que d'y repenser, cela me dégoûte. Je subis ensuite des attouchements, avant de réussir à m'enfermer dans les toilettes. Mon père arrive alors comme convenu pour me chercher. Abattue, je ne dis rien à personne, mais dans ma tête, c'est le déclic : je ne tolère plus cette situation. Peu après, mon père part au travail : en son absence, mon frère aîné a le “pouvoir“ sur la famille. Un jour, il me frappe et je m'enfuis avec ma s½ur cadette. Jusqu'à 4 heures du matin, nous errons dans les rues, puis nous commençons à refuser les ordres, à porter des pantalons... A son retour, mon père tente de me frapper mais pour la première fois, je le défie : “ Touche-moi une fois et tu verras ce qui va t'arriver ”. Il tente alors de me placer dans un internat, sans en trouver d'assez “ fermés ” à son goût. A ce stade, nous sommes devenues incontrôlables ma s½ur et moi. Ils décident alors de nous exclure de la secte... ENFIN ! Je peux partir vivre un moment chez ma grand-mère. Puis il y a quelques mois, mes parents divorcent et mon père se remarie aussitôt après avec la fille de l'Ancien, qui a la moitié de son âge.

Aujourd'hui, c'est encore très difficile pour moi. Je vis librement avec mes frères et s½urs et ma mère : seul mon frère aîné est resté sous l'influence de l'Ancien. Heureusement, j'ai des amis, je découvre enfin des choses inconnues il y a encore un an : la techno, le chat sur MSM... Mais après tous ces évènements, j'ai arrêté d'aller à l'école. J'étais trop mal pour continuer à suivre les cours. Ma mère est sans ressources et se bat pour éloigner mes jeunes frères de mon père qui a encore autorité à 50% sur nous. Des procédures sont en cours pour changer cela et j'ai porté plainte pour les attouchements, mais cela prend trop de temps... De toute façon, cette secte m'a déjà volé ma jeunesse, et je ne veux plus jamais revoir mon père. Quand je pense à toutes ces années gâchées... Cela me rend malade.

Depuis 1ans et dmi mé paren son divorcé je vi in pe mieu mé la plu petite chose me rapelle tous mon passé é sa me fé vraiment mal rien ke lé piéce dans ma maison ect.. c dur lachez vos coms vos impression
ma vie mon temoinage

# Posté le samedi 12 mai 2007 19:52

Modifié le samedi 12 mai 2007 21:01